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Viol au 36 quai des Orfèvres: ouverture du procès devant la cour d'assises

Le 18 janvier 2019
Viol au 36 quai des Orfèvres: ouverture du procès devant la cour d'assises

"Accusés du viol en réunion d’une jeune touriste canadienne, deux policiers de la BRI comparaissent aux assises à Paris. Au premier jour de leur procès, ils ont réaffirmé leur innocence face à la plaignante, bien décidée à obtenir justice. La question du consentement est au centre de l’affaire.

Il suffit d'une nuit pour briser une vie. Dans la salle de la cour d'assises de Paris, ce lundi, tous les regards convergent vers le premier rang où, bien droite, tout de noir vêtue, look branché mais lunettes strictes, s'est installée Emily S.. La jeune femme de nationalité canadienne vient tout juste d'avoir 39 ans. Elle arrive spécialement de Toronto pour le procès. Et, oui, elle sera là tout au long des trois semaines d'audience, "sans difficulté", insiste dès l'ouverture des débats son avocate. Voilà près de cinq ans désormais que son nom, sa personnalité et le moindre des détails de sa vie privée alimentent le pénible dossier du "viol du 36".

Il suffit d'une nuit pour briser une vie. De l'autre côté du prétoire − et ce saisissant parallèle résume sans doute à lui seul tout l'enjeu du procès −,  les deux policiers ne disent pas autre chose. Les deux hommes comparaissent libres. De ce fait, ils ont été installés dans le prétoire sur deux chaises et non dans le box des accusés. Eux aussi se sont vêtus tout de noir. Nicolas R., crâne lisse, costume strict et Antoine Q., silhouette plus imposante, cheveux courts, ont dû en début d'audience décliner leurs noms, prénoms, adresse et surtout profession, "fonctionnaires de police". Mais déjà, le président des assises leur demande de se lever à nouveau pour qu'ils répètent devant les jurés leurs dénégations et racontent, eux aussi, ce qui a basculé dans la nuit du 23 avril 2014. Leurs paroles sont en jeu.

Avant que les deux policiers ne s'avancent pour s'exprimer, les jurés de la cour d'assises ont ingurgité les "faits". Deux heures d'un exposé aussi froid que cette nuit-là. L'affaire du "viol du 36" est aussi une redoutable bataille judiciaire. Voilà deux versions totalement opposées, une femme décidée à obtenir justice et deux fonctionnaires qui clament leur innocence, le tout ayant eu lieu, de surcroît, dans le cadre prestigieux du 36, quai des Orfèvres. On sait que le procès qui s'ouvre ce lundi devant la cour d'assises sera une partie à quitte ou double. Le dossier a même divisé la justice, rappelle sobrement le président : la chambre de l'instruction, qui, en 2017, a renvoyé les deux policiers devant les assises, a eu une "vision diamétralement opposée de celle des juges d'instruction" qui avaient conclu à un non-lieu l'année précédente, énonce-t-il. Les magistrats instructeurs, à l'issue de l'enquête, ne voyaient "pas de scénario objectivable" pour étayer les accusations de viol. Ce sont donc les jurés, par leur verdict le 1er mars prochain, qui vont devoir trancher."

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